Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
JULIEN GASPAR-OLIVERI

JULIEN GASPAR-OLIVERI

Menu
interview 2015 / la voix du nord

interview 2015 / la voix du nord

interview 2015 / la voix du nord

Julien, merci de m’accorder cette rencontre téléphonique, j’ai plusieurs questions vous concernant, votre parcours, vos projets, que devenez-vous ? Je suis toujours vivant, j’élève des chats dans une vallée près de Bordeaux. Non. (Rires).


Vous avez changé de nom, ou plutôt, un deuxième nom ? Julien Gaspar Oliveri depuis un an. Nouveau cap, je me destine aujourd’hui beaucoup plus à la réalisation et la mise en scène. Je reste acteur, je joue au théâtre et continue de tourner. Le changement de nom n’est pas une rupture avec l’ancien, simplement, c’est la continuité, une affirmation dans mon désir.


Acteur, réalisateur, metteur en scène, vous avez plusieurs casquettes, quand on se renseigne on se rend compte que vous êtes partout à la fois et souvent avec brio, comment expliquez vous ça ? Je ne suis pas partout à la fois, je fais surtout ce que j’ai envie de faire et je ne connais pas quelque chose qui marche mieux. Il me semble que je fais la même chose tout le temps, je n’ai pas l’impression de dissocier vraiment les activités. Quand je joue, je prépare souvent quelque chose à côté, un scénario en écriture ou une lecture dans la perspective d’en faire quelque chose au théâtre par exemple. La nécessité, c’est surtout ça qui me tient. Sinon je ne fais rien. C’est le plus souvent une image qui s’impose dans la tête et qui me pousse à la réalisation des projets. Ça vient de nulle part. Alors tout est partout possible.

« Loin de Benjamin » est votre premier court-métrage en tant que réalisateur. Vous l’avez produit vous même, vous jouez dedans, c’est un peu la totalité de tout ce que vous savez faire qui est réuni dans ce film, que pouvez-vous en dire ? C’est un film dont je ne sais toujours pas bien quoi penser. Ça fait un peu genre vieux réalisateur de dire ça (rires), mais sérieusement je ne sais pas quoi en dire. J’ai participé à toute l’élaboration, et ça a été un énorme plateau d’apprentissage, une formation accélérée. J’ai appris la production, la réalisation, la postproduction… J’ai été très bien entouré. Ça a été un vrai moteur dans mon envie d’écrire des scénarios et de les réalisés. Et ça a continué avec « Passe ».


« Loin de Benjamin » est-il un film autobiographique ? Non. Mais la question est systématique.


C’est un film très prometteur que l’on peut trouver sur YouTube en tapant son titre d’ailleurs. « Passe » a été programmé dans plusieurs festivals, notamment à Istanbul en Turquie puis au Canada, avez vous plus de recul sur ce deuxième court-métrage ? Tout d’abord c’est de ma rencontre avec Stéphane Demoustier que tout a commencé, ou plutôt que l’expérience de réalisateur a continué aussi rapidement pour moi. J’ai envoyé à Année Zéro (la boîte de production de cinéma) un DVD de « Loin de Benjamin » puis j’ai été recontacté. J’avais alors le scénario de « Passe » avec moi. Ils l’ont lus et l’ont développés. Ça a été encore une expérience très riche. Je n’ai eu alors à m’occuper que de l’artistique, des choix des acteurs, la mise en scène, tout le reste a été pris en charge par leur équipe. Ce projet a surtout donné naissance à ma rencontre avec Laure Calamy, elle a beaucoup déterminé le ton du film. C’est une actrice que j’aime énormément, la meilleure selon moi de sa génération. (NDLR : Laure Calamy a reçu le mois dernier un prix d’interprétation à Sundance)


Comment travaillez vous avec votre équipe et vos acteurs ? Très différemment d’un projet à l’autre. Au théâtre, j’aime le groupe, j’aime travailler sur le chœur et sur l’écriture. Le travail que j’entreprends à Antibéa depuis quelques années sur Jean Luc Lagarce est précisément de cet ordre. J’aime beaucoup ce travail. Cette troupe à Antibéa dirigé par Dominque Czapski est épatante. Ce sont des acteurs très intéressants. Une qualité de travail très étonnante. Je les aimes beaucoup. Au cinéma, c’est plus long. D’abord l’écriture, le financement, qui prennent déjà la quasi totalité du temps avant de voir réellement le projet se concrétiser avec la composition d’une équipe artistique et technique. Ca demande plus de patience, d’endurance. J’aime ça.


Et l’acteur dans tout ça ? On vous a vu dans la saison 2 de « Ainsi soient ils » sur Arte dans le rôle de Corentin. Puis vous jouez dans la pièce « Cupidon est malade » de Jean Bellorini, vous faites des lectures d’une pièce qui se nomme « Ulysse à Gaza » dont vous dirigez aussi le collectif… Vous êtes bien renseignés dis donc (rires). Ce sont les trois derniers projets en date oui. « Ainsi soient ils » le tournage a lieu en ce moment, c’est la 3ème saison. Je suis donc toujours au séminaire. Avec Jean Bellorini ça a été une expérience très intense, j’aime beaucoup son travail, il est impressionnant, c’est un metteur en scène fin, doté d’une sensibilité renversante. Ca fait longtemps que je voulais le rencontrer dans le travail. C’est un spectacle que j’aime, et c’est une équipe d’exception. (NDLR : Jean Bellorini est le directeur de Théâtre National Gérard Philippe à Saint Denis, il a reçu deux Molières en 2014 pour ses mises en scènes.)


Quels sont vos projets ? Les 27, 28 février et 1er mars à Antibes se joue « Juste la fin du monde » dont j’ai fais la mise en scène l’année dernière, c’est une reprise du spectacle. Il y a un film en préparation, avec Année Zéro, il s’appelle « Villeperdue ». Je tourne cet été en région Basse Normandie qui subventionne le film. C’est un projet majeur pour cette année.« Bordel », une pièce en écriture qui est en travail avec un groupe d’acteur.


Et votre vie privée ? Les rumeurs concernant votre couple avec Blandine Bellavoir sont elles toujours d’actualités ? Non. Nous sommes amis. Ça regarde personne ça.


Donc aujourd’hui vous êtes célibataire ? Je vais bien, si c’est la question.


On vous souhaite beaucoup de bonnes choses dans vos projets. Et nous vous suivons de près.

Propos recueillis janvier 2015
Publié par Mickaël Beranger